Sondages archéologiques sur le parking Notre-Dame

Des découvertes étonnantes faites lors de la fouille du sous-sol par les chercheurs de l’Inrap

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Dernière mise à jour : 06/02/2019

Catégorie(s) : Travaux/urbanisme

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La Ville mène actuellement une réflexion sur la rénovation du parking Notre-Dame à Cherbourg-Octeville, doté d’une centaine de places. Avant la phase de réhabilitation du parking, un diagnostic des besoins et une recherche des contraintes a été prescrit par la Préfecture de Région en juillet dernier pour déterminer les possibilités d’intervention pendant les futurs travaux et le niveau d’aménagement. « Il s’agit d’un espace assez complexe, avec des accès incontournables desservant des commerces pour les livraisons notamment, et des espaces privés », explique Hervé Burnouf, adjoint à la voirie et à la gestion du domaine public et du stationnement. « Il s’agit également d’une zone historique, puisque se situent ici des vestiges antiques et médiévaux, du château notamment ». Des sondages archéologiques sont ainsi indispensables sur des parties non fouillées jusqu’alors. 

Les premières découvertes

Lundi 11 mars, les chercheurs de l’Inrap qui fouillent actuellement le sous-sol du parking Notre-Dame ont fait une découverte surprenante. Sur une zone du parking construite sur une ancienne nécropole mérovingienne datant d’entre les 3e et 8e siècles, les premières excavations ont laissé affleurer une pierre, laissant supposer être le couvercle d’un sarcophage mérovingien. Des fouilles plus poussées ont mis à jour une stèle calcaire avec, à son pied, une pierre tombale d’1,20 mètre sur 30 cm, portant une épitaphe en latin. En creusant encore, un crâne, puis tout un squelette sont apparus, un mètre sous la pierre tombale. Selon les archéologues, « il s’agit là d’une tombe remarquable, la seule que l’on connaisse à l’échelle du Cotentin. Il s’agit d’une sépulture de prestige, qu’on a voulu distinguer des autres en la faisant émerger du sol. C’est aussi la première qui porte une inscription, ce qui laisse supposer qu’elle appartient à un personnage important, du clergé ou de l’aristocratie. Comme elle rogne des tombes plus anciennes et est dépouillée de mobilier, elle est ultérieure au 8e siècle et date probablement du 11e siècle, avant la fermeture du cimetière paroissial en 1063, sous Guillaume le Conquérant. » Ce cimetière a été utilisé pendant 5 siècles. 300 tombes ont déjà été découvertes lors de fouilles plus anciennes, notamment dans les années 1970.

Les premières observations du squelette font supposer un individu adulte, plutôt féminin selon la première estimation du bassin. Des perte de dents au niveau des molaires ont été constatées, mais pas de signe d’arthrose, ni autre pathologie pour le moment. Des signes montrent que le corps était dans un coffrage, aujourd’hui disparu. Le squelette va être transféré au laboratoire de l’Inrap, à Caen, pour y faire des analyses approfondies et déterminer notamment la stature, le sexe, les pathologies... Il fera l’objet d’une datation au carbone 14 et d’analyses ADN. Les sédiments autour du squelette seront également prélevés pour savoir s’il y a eu un embaumement et en connaître davantage sur l’environnement, la parasitologie et la palynologie (étude des graines de pollen).
La stèle et la pierre tombale sont transférées ce vendredi 15 mars à l’Abbaye du Vœu pour y être stockées.

Une autre zone de fouilles a révélé les fondations des murs du donjon de l’ancien château de Cherbourg. Des couches noires sous ces murs sont composées d’éléments de l’ère gallo-romaine, ce qui implique que le donjon se serait implanté sur un grand édifice gallo-romain. On y retrouve des traces de four et de foyers à moins d’1,3 m, ainsi que des vestiges de cuisine : des écailles de poisson, des coquillages, des restes de sanglier ou de cochon… Un boulet de canon, cette fois datant d’entre le 15e et le 19e siècle, a également été retrouvé.

Le rapport de l’Inrap donnera un diagnostic détaillé de tout le patrimoine conservé sous le parking. Ces découvertes ne causant pas de retard sur le calendrier des travaux, le parking Notre-Dame sera rouvert à la circulation à la fin du mois de mars.

 

Du 25 février au 29 mars, le temps du diagnostic, le stationnement sur le parking Notre-Dame est interdit. Les véhicules gênant les interventions sont susceptibles d’être déplacés et mis en fourrière. Pour les abonnés du parking, des places peuvent être réservées au parking Gambetta Fontaine (renseignements au 02 33 78 19 50). L’accès des piétons est maintenu à tous les commerces et services. Des accès pour les véhicules de secours et de livraisons vers les commerces sont également maintenus pendant les travaux. Les parkings privés de la cave Mancel et de la résidence Foch restent accessibles aux voitures depuis la rue Foch et la rue Notre-Dame.