Titre de la popin full
Portrait de femme à la fourrure
Dernière mise à jour : 29/10/2026
Cette femme richement vêtue d’une fourrure d’hermine qui interpelle le spectateur du regard a été peinte en 1806 par Thomas Henry. Au début de sa carrière, à la fin du XVIIIe siècle, Henry souhaite devenir peintre et acquiert une solide formation artistique. Il intègre donc les ateliers de Jean-Baptiste Regnault, peintre d’histoire et académicien, puis de Charles-Paul Landon, lui-même élève de Regnault. Ses maîtres en peinture l’ont formé au style néoclassique, qui prône la pureté du dessin et de la ligne, et la recherche d’une facture lisse.
C’est dans ce style que Thomas Henry représente la jeune femme. Son visage est traité avec une facture lisse, porcelainée. Ses cheveux se détachent nettement du ciel qui l'entoure, sans jamais s'y fondre. Un soin particulier est apporté au rendu des étoffes et à la perle qui orne son oreille. Ce traitement stylistique montre que Thomas Henry accordait une primauté au dessin. L'élégance du camaïeu de blanc, de bleu et de gris n'est pas sans évoquer certains portraits d'Ingres, comme celui de Mademoiselle Rivière, conservé au Louvre.
Un peu plus tard, après la première décennie du XIXe siècle, Thomas Henry abandonne sa pratique de peintre professionnel pour se consacrer à l’activité d’expert pour le musée du Louvre, et surtout à celle de marchand d’art. Il constitue au long de sa carrière toute une collection de peintures qu’il lègue à la ville de Cherbourg entre 1831 et 1835. Cette collection de peinture constitue aujourd’hui le fonds de l’actuel musée Thomas Henry. Le collectionneur a donné un remarquable ensemble de 164 peintures et sculptures, proposant un panorama de l’histoire de l’art, mais aucun des tableaux de la donation n’était de sa main. Le musée conserve toutefois quatre œuvres peintes par Thomas Henry : deux paysages et deux portraits. Les portraits, dont le modèle pourrait être la même jeune femme, ont été acquis en 1978 auprès d’un antiquaire parisien.